🍃💹 Classe dehors : pourquoi faut-il faire le mur ?

👋 Salut Les petits rĂ©sistants !

Nous sommes le dernier jour de ce mois de janvier qui semble toujours un peu interminable. Ce soir, c'est le week-end et demain c’est fĂ©vrier. Que de rĂ©jouissances !

Si vous aviez aimé notre newsletter qui vous invitait à mettre nos enfants dehors, alors vous allez adorer ce numéro qui sonne comme un appel pour que petits et grands élÚves sortent des 4 murs de leur classe !

Dans une tribune publiĂ©e dans le journal Le Monde en mai 2024, un collectif de parents appelait ainsi Ă  la gĂ©nĂ©ralisation de l’école dehors en rappelant les enjeux de santĂ© publique :

“Aujourd’hui, en moyenne, un enfant de 9 ans a de moins bonnes capacitĂ©s physiques qu’une personne active de 65 ans. En cause, une vie qui manque d’activitĂ©s physiques (pas assez en mouvement) et trop de sĂ©dentaritĂ© (trop assis dans la journĂ©e)”

Les comptes ne sont pas bons. Mais la pratique se démocratise. On en parle dans ce numéro avec Alexandre Ribeaud, chargé de mission Classe Dehors à l'Académie de Paris, et Joana Da Silva, professeure des écoles, autrice et spécialiste de la pédagogie par la nature.

Avant de vous laisser tout Ă  votre lecture, je prĂ©cise, qu’exceptionnellement, les rubriques de ce numĂ©ro ont Ă©tĂ© inversĂ©es. On attaque par l’actualitĂ© chaude du scandale des eaux qui peut lĂ©gĂšrement agacer, pour vous laisser sur une note plus douce et lĂ©gĂšre avec la nature et des bulles d’air dans le cƓur ! Pas question de se plomber le moral pour ce premier week-end de fĂ©vrier.

🧡 Place au nouveau numĂ©ro. Bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

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Au sommaire

  1. L’actu qu’il fallait pas louper : eau secours 💩
  2. Le vrac d’actu
  3. Fofofocus : la classe au grand air 💹
  4. C’est vous qui le dites ! 🍃

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đŸ€“ L’actu qu’il fallait pas louper

DĂ©cryptage de l’actu qui m’a le plus chauffĂ©e


Attention scandale. Le magazine UFC-Que Choisir et l'ONG GĂ©nĂ©rations Futures ont rĂ©vĂ©lĂ© une Ă©tude sur la prĂ©sence de polluants dans l'eau du robinet de 30 communes françaises. “Consommer rĂ©guliĂšrement de l’eau du robinet est-il dangereux ? Difficile de rĂ©pondre” s’interroge le magazine. Ambiance
 Nous avons discutĂ© avec François Veillerette porte-parole de GĂ©nĂ©rations Futures du sujet.

On récapitule.

👉 À la vĂŽtre ! Des polluants au bout du robinet. L’étude rĂ©vĂšle la prĂ©sence systĂ©matique de PFAS, aussi appelĂ©s « polluants Ă©ternels » dans l’eau du robinet testĂ©e. Les PFAS ?

  • Des substances chimiques utilisĂ©es depuis les annĂ©es 1950 dans divers produits (poĂȘles en tĂ©flon, textiles, emballages alimentaires, mousses anti-incendie) qui persistent dans l’environnement et contaminent les nappes phrĂ©atiques et les eaux de surface.
  • Leurs effets sur la santĂ© ? Troubles thyroĂŻdiens, maladies du foie, cancers et complications Ă  la naissance. Tout un programme.

👉 Que dit la rĂ©glementation ?

En France, les Agences Régionales de Santé (ARS) devront systématiquement rechercher la présence de PFAS dans leur contrÎle des eaux du robinet, à partir du 1er janvier 2026 (comme le prévoit une directive européenne adoptée en
 2020. Faites le calcul : 6 années pour rendre obligatoire la recherche de polluants dangereux sur la santé).

Avant de poursuivre et pour bien comprendre les trous dans la raquette de notre rĂ©glementation française, il faut s’arrĂȘter sur un PFAS en particulier, appelĂ© le TFA (l’acide trifluoroacĂ©tique) : un polluant Ă©ternel, Ă  qui la Commission europĂ©enne attribue une “toxicitĂ© prĂ©occupante” et qui est classĂ© comme “perturbateur endocrinien” par l’Agence europĂ©enne de sĂ©curitĂ© alimentaire (Efsa) mais
 pas par la France.

La directive européenne prévoyait 2 options de suivi :

  • la recherche dans l’eau potable et les eaux de surface de 20 PFAS (le TFA n’en fait pas partie) dont la somme doit ĂȘtre en-dessous du seuil de 100 ng/l.
  • la surveillance de tous les PFAS - y compris le TFA - avec un seuil maximum de 500 ng/L.

La France a choisi la premiÚre option. Les ARS ne seront donc pas tenues de détecter la présence de TFA.

👉 ConcrĂštement, que ressort-il de cette Ă©tude ?

  • les concentrations en PFAS (selon la mĂ©thode de recherche qui sera appliquĂ©e en 2026 par les ARS) restent conformes Ă  la norme choisie par la France.

Alors, tout va bien ? Oui, mais non
 Les associations soulignent que cette rĂ©glementation française est bien moins stricte que celles d’autres pays :

*Avec la norme américaine (4 ng/l pour 2 PFAS), 6 prélÚvements (sur 30) dont ceux de Rouen et Amiens seraient considérés comme non conformes.

*Avec la future norme danoise sur les PFAS, encore plus stricte, (2 ng/l pour la somme de 4 molécules spécifiques), 15 prélÚvements (sur 30) dépasseraient les seuils admissibles, notamment à Bordeaux et Lyon.

  • Le TFA (qui ne sera donc pas recherchĂ© de maniĂšre obligatoire par les ARS - vous suivez ?), a par ailleurs Ă©tĂ© dĂ©tectĂ© dans 24 prĂ©lĂšvements sur 30, notamment Ă  Paris ou dans des communes des agglomĂ©rations de Poitiers et OrlĂ©ans.
“Si l’on appliquait simultanĂ©ment les normes danoises sur les PFAS et les seuils français pour les pesticides, plus de 80 % des prĂ©lĂšvements (25 sur 30) ne respecteraient pas au moins l’une de ces exigences. Ces comparaisons montrent clairement Ă  quel point la France adopte une approche peu exigeante pour la protection des consommateurs” alerte GĂ©nĂ©rations Futures.

‍👉 Boire ou ne pas boire de l’eau du robinet ?

  • Faut-il se ruer sur l’eau en bouteille pour Ă©chapper aux polluants ?

“On ne rĂšgle pas le problĂšme en achetant de l’eau en bouteille” affirme François Veillerette, porte-parole de GĂ©nĂ©rations Futures. L’eau en bouteille n’échappe en effet pas Ă  la contamination aux Pfas. Et selon Pauline Cervan, toxicologue chez GĂ©nĂ©rations Futures : “Le TFA peut y ĂȘtre prĂ©sent en grande quantitĂ©.”

  • Quid des filtres ?

“Les filtres Ă  charbon n’ont pas d’efficacitĂ© pour les PFAS. Les filtres Ă  eau Ă  osmose inversĂ© ou Ă  nanofiltration peuvent ĂȘtre une option mais ils sont coĂ»teux et demandent un entretien rigoureux” prĂ©cise François Veillerette qui insiste sur l’urgence et la nĂ©cessitĂ© de mettre en place “une rĂ©ponse systĂ©mique globale en renforçant notamment les contrĂŽles sur les rejets industriels et en interdisant les pesticides classĂ©s comme PFAS.”

En attendant il faudrait accepter l’inacceptable ? Boire une eau du robinet que l’on sait contaminĂ©e par les polluants Ă  plus ou moins grande Ă©chelle en fonction de notre lieu d’habitation et en ĂȘtre rĂ©duit Ă  se poser la question de l’achat de filtre Ă  titre individuel pour naviguer entre les polluants.

👉 Comment agir en tant que citoyen ?

Se mobiliser à travers des pétitions, et interpeler des élus et des agences régionales de santé avec des courriers par milliers pour faire bouger les politiques publiques. Go !

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đŸ—žïž Le vrac d’actu

Un condensĂ© d’infos engagĂ©es Ă  consommer sans modĂ©ration.

👉 Programme d'Ă©ducation Ă  la vie affective, relationnelle et sexuelle : le retour !

‍Suspendu sous le gouvernement Barnier, ce nouveau programme a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© mercredi 29 janvier au Conseil supĂ©rieur de l'Ă©ducation, pour une mise en application dĂšs la rentrĂ©e prochaine avec 3 sĂ©ances annuelles (on rappelle que la loi le prĂ©voit depuis 2011). La nouvelle version du texte, bien que modifiĂ©e sur certains termes (rĂ©duction des mentions de l’identitĂ© de genre et suppression du concept d’asexualitĂ©), conserve sa philosophie initiale.

📌 Objectifs par niveau :âžĄïž Primaire : Respect du corps, Ă©galitĂ© filles-garçons, consentement, stĂ©rĂ©otypes de genre.
âžĄïž CollĂšge : PubertĂ©, sexualitĂ©, discrimination, pornographie, dĂ©sir et consentement.
âžĄïž LycĂ©e : IdentitĂ© de genre, image de soi, consentement approfondi, sĂ©rophobie.

Sans surprise, les associations conservatrices hurlent au wokisme, et celles qui luttent pour une parentalitĂ© Ă©galitaire jugent le programme “raisonnĂ© et Ă©quilibrĂ©â€.

💡 Notre newsletter dĂ©diĂ©e au sujet de l’éducation Ă  la vie sexuelle et affective est toujours disponible par ici.

👉 Il fait trop chaud pour travailler. En 2024, 1 enfant sur 7 a vu leur scolaritĂ© perturbĂ©e par des Ă©vĂ©nements climatiques extrĂȘmes, selon l’UNICEF. TempĂȘtes, sĂ©cheresses, inondations mais surtout chaleur extrĂȘme (principal facteur touchant 171 millions d’élĂšves notamment en Asie du Sud) ont impactĂ© la continuitĂ© scolaire.

"L'organisme des enfants est particuliĂšrement vulnĂ©rable. Leur tempĂ©rature augmente plus rapidement et redescend plus lentement que celle des adultes, car ils transpirent de maniĂšre moins efficace. Les enfants ne peuvent pas se concentrer dans des classes qui n'offrent aucun rĂ©pit face Ă  la chaleur Ă©touffante, et ils ne peuvent pas non plus se rendre Ă  l'Ă©cole si la route est sous l'eau ou si leur Ă©tablissement a Ă©tĂ© emportĂ© par les crues", a dĂ©clarĂ© Catherine Russell, Directrice GĂ©nĂ©rale de l’UNICEF, dans un communiquĂ©.

👉 Mauvaise direction. Shein, l’enseigne de mode prĂ©fĂ©rĂ©e des Français ? Incroyable mais vrai. Alors qu’en France, Vinted Ă©tait depuis 2020 la plateforme oĂč l’on dĂ©pensait le plus notre argent pour nous habiller, voilĂ  que Shein lui rafle en 2024 la premiĂšre place. Arrivent ensuite derriĂšre ce duo : Kiabi, Intersport et Zara. Consommation responsable, vous avez dit ?

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🧡 Fofocus : la classe au grand air !

Discussions avec Alexandre Ribeaud, chargĂ© de mission Classe Dehors Ă  l'AcadĂ©mie de Paris, et Joana Da Silva, professeure des Ă©coles, autrice et spĂ©cialiste de la pĂ©dagogie par la nature. De quoi semer les graines de l’engagement et donner l’envie de retourner Ă  l’école, non ?

Depuis quelques annĂ©es, la classe dehors suscite un intĂ©rĂȘt croissant au sein du systĂšme Ă©ducatif français. InspirĂ©e des pratiques pĂ©dagogiques nordiques, la classe dehors est avant tout une philosophie
 d’éducation en quelque sorte. “Je suis toujours Ă©tonnĂ© lorsque j’ai des demandes d’interviews pour parler de l’école dehors : reconnecter les enfants Ă  la nature, et ouvrir les portes des classes, cela n’a rien de rĂ©volutionnaire ! Comment en est-on arrivĂ© lĂ  ?” s’interroge Alexandre Ribeaud, mi-amusé  mi-affligĂ©, tout en expliquant :

‍“La question de la nature dans l’éducation revient car on entend rĂ©pondre au “dĂ©ficit nature” dĂ©crit par les sociologues. Ce phĂ©nomĂšne est liĂ© Ă  la crainte des parents quant Ă  la sĂ©curitĂ© de leurs enfants quand ils sont dehors, l’explosion des Ă©crans mais aussi l’urbanisation des villes qui ne sont pas adaptĂ©es aux enfants.”

Une pédagogie différente, un regard renouvelé sur l'enfant

Joana Da Silva, initialement professeur des écoles, a ressenti un profond décalage entre les besoins des enfants et le cadre rigide de l'école traditionnelle. Formée à la pédagogie par la nature, elle insiste sur le fait que la classe dehors ne se résume pas à une simple séance de mathématiques ou de dictée en plein air. Elle repose sur un environnement riche qui favorise le développement naturel de l'enfant à travers le jeu libre.

Selon Joana Da Silva, les neurosciences confirment cette approche : les enfants apprennent mieux lorsqu'ils bougent, expriment leurs Ă©motions et Ă©vacuent leur stress.

“On cherche toujours Ă  ce que les enfants acquiĂšrent des connaissances et des compĂ©tences mais il faut d’abord outiller les enfants, c’est-Ă -dire leur donner de la confiance, de l’estime et leur permettre de tester, d’explorer. Il y a des tas de choses Ă  travailler autour de la motricitĂ© fine et globale des jeunes enfants. Et cela, il faut le faire dans un environnement appropriĂ©.”

Et les avantages de cette pĂ©dagogie sont nombreux selon Joana Da Silva qui Ă©numĂšre : les bienfaits Ă©motionnels et physiques (plus de bien-ĂȘtre), les relations sociales (plus de coopĂ©ration et de communication entre les enfants), l’autonomie et les prises de risque (ils osent davantage et prennent confiance en eux), l’inclusion et la connexion Ă  la nature (les enfants redĂ©couvrent un lien avec leur environnement, favorisant une sensibilisation Ă©cologique).

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Une pĂ©dagogie mĂ©connue qui vaut le coup d’essai !

Alexandre Ribeaud, ancien communicant reconverti en professeur des Ă©coles, a expĂ©rimentĂ© la classe dehors en 2019 aprĂšs la lecture du livre Un enfant dans la nature. Devant l'intĂ©rĂȘt croissant, il a proposĂ© en 2021 la crĂ©ation d'une "Forest school" Ă  Paris, oĂč il forme depuis les enseignants Ă  cette pratique.

Chez les parents, Alexandre Ribeaud rencontre habituellement 3 craintes : la sécurité (les rassurer sur le fait que la sortie est encadrée), la météo et des questions autour des apprentissages pendant le temps de la classe dehors.

Chez les professeurs, “il y a une mĂ©connaissance de ce qu’est la classe dehors, mais dĂšs lors que l’on prend le temps d’expliquer, alors il y a trĂšs vite un enthousiasme” prĂ©cise Alexandre Ribeaud. Joana Da Silva prĂ©cise elle que les enseignants “n'osent plus prendre le temps de faire des apprentissages diffĂ©rents surtout dans les grandes classes, du fait de programmes trĂšs chargĂ©s.” Et puis il y a aussi bien sĂ»r les contraintes liĂ©es aux espaces disponibles. Parfois les professeurs ne savent pas oĂč aller :

“Pourtant, mĂȘme en milieu trĂšs urbanisĂ© il y a des possibilitĂ©s. Un square peut faire l’affaire. Je connais des classes qui se rendent au bord du canal de l’Ourcq Ă  Paris, ou encore une professeure de philosophie qui emmĂšne sa classe dans le parc prĂšs du lycĂ©e pour les contrĂŽles. Elle voit qu’elle gagne du temps en concentration.”

Et concrĂštement, comme cela se passe-t-il ? Il y a 3 grandes pratiques selon Alexandre Ribeaud : la sortie avec une pratique de classe acadĂ©mique (les rĂ©visions des multiplications qui se font dehors par exemple), l’éducation nature (on sort pour observer les arbres), le jeu libre (indispensable Ă  la construction d’un enfant et qui devient souvent le prĂ©texte Ă  beaucoup d’enseignements). Ce sont ces 2 derniĂšres pratiques que Joana Da Silva souhaite encourager car pour elle “la classe dehors ne saurait se rĂ©sumer Ă  simplement dĂ©placer sa classe Ă  l’extĂ©rieur, il s’agit aussi de mettre en place une pĂ©dagogie diffĂ©rente avec un regard sur l’enfant diffĂ©rent.”

MalgrĂ© les contraintes et les quelques rĂ©ticences, Alexandre Ribeaud se rĂ©jouit de voir qu’à Paris, avec plus de 270 classes pratiquant dĂ©sormais la classe dehors rĂ©guliĂšrement, cette pĂ©dagogie est en plein essor. Des enseignants de diffĂ©rents niveaux, y compris en lycĂ©e, adoptent cette approche et constatent une meilleure concentration et un engagement accru des Ă©lĂšves. La Mairie de Paris soutient elle activement l'Ă©cole dehors, avec plus de 5 300 Ă©lĂšves qui sortent quotidiennement.

Un mouvement de fond, dans toute la France ? Allez, ouste, dehors !

💡 Vous ĂȘtes parent ou professeur convaincu et vous voulez prĂȘchez la bonne parole dans votre Ă©tablissement scolaire? Vous pouvez vous rendre ici ou suivre Joana Da Silva (@seveillernaturellement). Ou rĂ©pondez Ă  cette newsletter, on se chargera de faire les prĂ©sentations.

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💭 C’est vous qui le dites !

On donne la parole Ă  3 parents dont les enfants vivent l’école dehors Ă  la ville, Ă  la campagne et mĂȘme
 hors des frontiĂšres đŸ‡©đŸ‡° ! 1, 2, 3, c’est parti pour l’inspi.

Apprendre sous la pluie, grimper aux arbres, explorer librement

Chaque mercredi matin, le fils de Fanny, en moyenne section dans une Ă©cole du 19Ăšme arrondissement de Paris, file au parc avec toute sa classe, qu’il vente, qu’il neige ou qu’il pleuve. “

‍Il y a pu avoir quelques rĂ©ticences des parents liĂ©es Ă  la mĂ©tĂ©o mais globalement l’initiative a Ă©tĂ© trĂšs bien accueillie par tous. L’important, c’est l’équipement : pantalon de pluie, manteau chaud, bottes
 et les enfants s’adaptent.” Un constat partagĂ© par Jessica, maman d’Anna dĂ©sormais en grande section, et qui depuis 3 ans maintenant, sort une fois par semaine dans une forĂȘt des CĂŽtes d’Armor (22) : “C’est la seule crainte des parents : on a toujours un peu peur que les enfants aient froid !”

Mais une fois dehors, place à la liberté ! La maßtresse les laisse libres de :

‍“se salir, jouer sans contrainte, grimper aux arbres, explorer le petit ruisseau, etc. TrĂšs vite, j’ai vu une diffĂ©rence : mon fils est devenu plus dĂ©gourdi, plus agile. Il court, grimpe et saute. Mais surtout, il observe et raconte. Il me parle des arbres, du vivant, de ce qu’il dĂ©couvre autour de lui. L’expĂ©rience est gĂ©niale et je crois qu’au fond on est contents qu’il ne soit pas un petit Parisien en sucre, incapable de poser un pied dans l’herbe !” raconte Fanny.

Et puis, il y a les nouvelles amitiés.

“La maĂźtresse rapporte que les liens qui se tissent dehors ne sont pas les mĂȘmes que ceux de la cour de rĂ©crĂ©ation.” Pour Jessica, mĂȘme constat : “J’adore l’idĂ©e que les enfants ne soient pas tout le temps entre 4 murs. Ils font des activitĂ©s avec ce qu'ils trouvent, ils dĂ©couvrent le vivant, inventent des poĂšmes
” ExpĂ©rience rĂ©ussie pour cette maman qui “regrette dĂ©jĂ  que l’expĂ©rience prenne fin Ă  la maternelle et ne se poursuive pas en primaire !”

L’école dehors : le rĂȘve danois ?

Léa Johansen Bjarrum est française. Elle habite au Danemark avec sa famille de 3 enfants et partage sur son compte Instagram et sur son blog la vision scandinave de la parentalité. Elle explique pour Les petits résistants la maniÚre dont la vie en extérieur fait partie intégrante du quotidien des écoliers danois.

‍“Au Danemark, l’apprentissage en extĂ©rieur est une Ă©vidence, notamment en maternelle oĂč les enfants passent la majeure partie de leur temps dehors. L’école dans la forĂȘt (700 au Danemark !) est un modĂšle bien ancrĂ©. Les enfants y passent toutes leurs journĂ©es dehors, quel que soit le temps. Un espace intĂ©rieur existe, mais il n’est qu’un refuge ponctuel. Les enfants manipulent des outils, allument des feux de camp, mangent et dorment dehors. Il n’y a ni clĂŽture, ni barriĂšre. Dans les grandes villes comme Copenhague, des bus emmĂšnent les enfants en pleine nature pour la journĂ©e. Au Danemark, l’apprentissage pour les enfants de maternelle se dĂ©veloppe principalement autour des acquisitions liĂ©es Ă  la motricitĂ© fine et globale. Ce n’est qu’à partir du CP que l’on demande aux enfants de se poser rĂ©ellement sur une chaise, derriĂšre un bureau. Et malgrĂ© les craintes que l’on pourrait avoir, les enfants de maternelle qui ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un enseignement dans la forĂȘt n’ont pas plus de difficultĂ© que les autres pour suivre ensuite des apprentissages dans un cadre plus “posĂ©â€. C’est un peu comme s’ils avaient eu leur quota d’aventures et de nature!”

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Forest School au Danemark - crédit photo : Manipani

Et les Ă©lĂšves de primaire ?

‍“Les matinĂ©es sont consacrĂ©es aux apprentissages acadĂ©miques en classe, et les aprĂšs-midis se passent entiĂšrement dehors, dans des grands espaces, des aires de jeux naturelles, dans lesquels les enfants sont invitĂ©s Ă  courir, faire des jeux libres, du sport etc. Pour l’anecdote : la “cour” de l’école de mon fils est tellement grande qu’il m’est parfois arrivĂ© de le chercher pendant 30 minutes avant de le trouver !”

Des contraintes particuliĂšres pour l’école dehors ?

‍“Il y a juste une petite logistique Ă  mettre en place, oui ! Il faut prĂ©voir des vĂȘtements adaptĂ©s en plusieurs exemplaires pour l’école et la maison : combinaisons de ski, bonnets, gants, chaussures rembourrĂ©es, etc.”

Avez-vous toujours été enthousiaste par rapport à cette pratique ?

‍“L’école dehors est bĂ©nĂ©fique Ă  tous les points de vue ! J’admets cependant avoir au dĂ©but Ă©tĂ© un peu effrayĂ©e avec le fameux lĂącher-prise du “risky game”. Lors de la journĂ©e de bienvenue pour la rentrĂ©e de mon fils Ă  l’école de la forĂȘt, je suis arrivĂ©e au milieu d’un groupe d’enfants de 3 ans
 autour d’un Ă©norme feu de camp. Ils grimpaient et descendaient des parcours qui ne semblaient pas du tout adaptĂ©s Ă  leur Ăąge, et je me suis entendue demander aux professeurs s’ils avaient “beaucoup de blessĂ©s”. J’ai appris ce jour-lĂ  la notion de “risky game.”

Si le modĂšle danois vous fait rĂȘver, filez dĂ©couvrir le blog de LĂ©a, et son nouveau livre dĂ©diĂ© Ă  la parentalitĂ© Ă  la sauce scandinave. Vous nous en direz des nouvelles !

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